Mon fiduciaire me déteste définitivement

Comme vous le savez, je ne suis pas une femme de chiffres, que je délègue depuis des années à mon entourage. Une pensée pour le boss (paix à son âme) qui était chargé de me calmer dans ce domaine sur certains projets. Il n’était pas rare que je débarque dans le bureau avec une idée, ignorant royalement le business plan… À mes directeurs (qui sont des amis aussi) de faire en sorte que cela rentre dans les budgets et de négocier des rallonges avec les investisseurs…

 

Lorsque cette année, j’ai pris la décision de me retirer à la suite de nombreux problèmes rencontrés avec mes investisseurs, aux différentes turbulences dans ma ruche et à un début de dépression, je crois que le comptable a sauté au plafond à l’annonce de ma retraite. Je l’imagine bien en train d’ouvrir une bonne bouteille et danser dans son bureau en se disant qu’il allait enfin avoir des vacances, et surtout ne plus avoir à s’arracher les cheveux pour que tout rentre dans ses petites lignes…

 

Ça, c’était avant le confinement…

 

Quelques semaines enfermées entre 4 murs avec une dizaine de chats m’ont fait comprendre que je suis incapable de rester tranquillement assise dans mon canapé à regarder la télévision (au passage, G., les programmes français sont désespérants de bêtises et j’ai épuisé Netflix et Amazon Prime).

 

L’idée de Patoune Éditions était dans les tiroirs depuis des mois. Au départ, il s’agissait uniquement de gérer mes publications, un truc paisible. Puis le projet a pris de l’ampleur sans que je le veuille réellement et une équipe s’est mise en place pour assurer le développement de Patoune Éditions en une vraie maison d’édition des deux côtés de l’Atlantique. Et là, la question de mon fiduciaire (comptable) est arrivée. J’ai ressenti toute son inquiétude lors de son appel. À peine les salutations faites, son interrogation était de savoir qui allait gérer cela (sous-entendant les comptes). Et ma réponse fut toute simple : « Bah, toi… ». Son sourire s’est immédiatement évanoui, même au téléphone, je l’ai vu.

 

Durant les quelques mois de confinement, j’ai entrepris l’écriture d’une encyclopédie sur les concours de beauté, et un nouveau projet a germé dans ma tête… Décomposition de mon comptable et de l’équipe lorsque je leur ai exposé mon idée… Je sais qu’ils ont tous eu le désir de m’assassiner à ce moment-là, mais ils devraient avoir l’habitude maintenant, car ils travaillent avec moi depuis des années.

 

Et hier, quand mon fiduciaire a reçu les papiers de mes avocats, ses envies de meurtres à mon encontre se sont trouvées renforcées. En effet, j’avais omis (bien involontairement, je vous l’assure) de l’avertir que je ne vendais que mes parts européennes, conservant mes sociétés américaines. Je crois qu’au fur et à mesure de sa lecture, le ciel lui est tombé sur la tête… Il a tenté de me convaincre que je pouvais vivre tranquillement sans avoir besoin de travailler, mais c’est impossible. Je m’ennuie si je ne stimule pas mon cerveau qui tourne en permanence. Je n’y suis pour rien, si mes neurones ont besoin de réfléchir pour me faire me sentir bien.

 

Après une discussion assez stérile, il a compris que notre collaboration allait se poursuivre pour son plus grand bonheur et donc que nos conversations ubuesques allaient reprendre bientôt. Imaginez deux personnes parlant chacune une langue différente et campant sur ses positions, et bah, c’est nous… et quand le décalage horaire entre en jeu, c’est un feu d’artifice. Un vrai langage de sourd, et notre décodeur et arbitre est parti dans les étoiles, il y a quelques mois. Il va falloir qu’on trouve un terrain pour s’entendre…

 

J’ai deux projets en tête, mais je crois que je vais attendre qu’il ait digéré ma pseudo-retraite avant de l’avertir, à moins que quelqu’un s’en charge à ma place… Un volontaire ?

 

Comme vous le voyez, je ne change pas…

 

xoxo

 

La Puce