Humeur du Moment

Un vrai casse-tête : les élections américaines

La nuit prochaine pour les français, les millions d’Américains seront rivés à leur écran pour connaitre le nom de leur prochain président. Le système électoral aux États-Unis demeure un véritable casse-tête pour moi comme les unités de mesure. Souvenez-vous que la devise américaine pourrait se résumer à cette expression : « Pourquoi faire simple quand nous pouvons faire compliqué ! ». Le plus facile à retenir, deux forces en présence se déchainent tous les 4 ans pour obtenir le poste suprême. Le vote a lieu en novembre pour une entrée en fonction en janvier de l’année suivante. Pendant des mois, la vie américaine est rythmée par la frénésie préélectorale, aussi appelée les primaires. Elles ont pour but de designer le représentant de chaque parti lors de la course finale. Entre les meetings, les débats et les reportages, vous ne pouvez pas échapper à cette montée en puissance de la vie politique.

Mais, là, où vous pourriez faire simple avec une seule journée de vote, les Américains préfèrent corser les choses. Les scrutins électoraux dépendent de chaque État et de chaque parti et n’ont pas forcément tous lieu le même jour. C’est hallucinant !

De plus, contrairement aux Français, les Américains ne choisissent pas directement leur président, mais de super délégués qui se sont clairement engagés en faveur d’un des postulants au poste suprême. En réalité, les Américains mettent dans les urnes le nom du candidat qu’ils souhaitent soutenir et souvent ils ne connaissent même pas le nom du représentant qu’ils désignent. Pour les Démocrates comme pour les Républicains, l’investiture officielle se déroule au cours de la convention nationale, une grand-messe où tous les super délégués s’expriment en votant jusqu’à ce que la majorité l’emporte. Cela peut donc prendre des jours et de nombreux tours de scrutin.

Lors des primaires, les élections peuvent être à la proportionnelle ou sur le principe du « Winner takes all » (le candidat qui obtient la majorité des voix remporte la totalité des super délégués de l’État). Je sens que je vous aie perdu, mais le pire, c’est que ce n’est pas fini, car dans certains États on ne vote pas directement pour des délégués, mais en caucus. Ce mode de scrutin consiste à rassembler les sympathisants à la même heure dans certains endroits prédéfinis pour chaque circonscription (ces lieux étant bien évidemment spécifiques à chaque parti politique) pour procéder au choix, parfois à main levée, du représentant local. Celui-ci ira élire ceux du comté et ainsi de suite jusqu’au niveau de l’État. Ce système archaïque existe encore dans une dizaine d’États américains.

Mais, le pire, à mes yeux, c’est le vote par assemblée. Tous les militants d’un parti sont regroupés dans une salle divisée en plusieurs zones, chacune attribuée à un candidat. Les gens s’y placent afin de marquer leur soutien. À la fin de la session, on compte le nombre de personnes pour chacun des compétiteurs. Si j’ai bien compris les explications de mon futur beau-père, il y a 2 tours dans ce mode de scrutin. Au deuxième tour, seuls les 2 candidats ayant remporté le plus de sympathisants sont maintenus, donc les partisans des prétendants éliminés devront reporter leur voix sur un nouveau challenger. On voit alors se mettre en place des marchandages de bouts de chandelles de la part de chaque supporter des 2 camps pour attirer un maximum d’âmes égarées. Tous les argumentaires peuvent être utilisés, sauf de payer les gens. Un bordel sans nom !

Si au moins toutes les circonscriptions votaient de la même façon, mais non, on aime bien complexifier les choses dans ce pays. Ainsi, au sein d’un État, les deux partis choisissent leur propre mode de scrutin électoral. Par exemple, dans l’Iowa, les Républicains l’accomplissent par bulletin alors que les Démocrates préfèrent le caucus. Comme je vous le disais, comment faire simple quand vous pouvez faire compliqué ! Et encore, je vous ai décrit que les grandes lignes des primaires, car il existe une multitude de petites exceptions dans ce pays.

Ensuite, début novembre, se déroule l’élection proprement dite, où vous choisissez les Grands Électeurs qui désigneront le président. Au même moment, vous votez pour votre député, votre shérif…

C’est pour m’éviter les nœuds au cerveau que je ne m’intéressais pas à la vie politique depuis mon arrivée sur le sol américain. Mais, demandant la nationalité américaine, je vais devoir me pencher plus sérieusement sur la question.

xoxo 

La Puce

 

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