La Plume de la Puce

post-header

La question du consentement est au coeur de l’actualité avec toutes ses affaires de #metoo. J’ai trouvé ce texte qui est en adéquation avec ce que je pense du couple.

« La question du consentement maintenant au cœur de la sexualité. Bizarrement, elle est assez absente des questions de couple et de fidélité, où la rigidité de l’engagement nie la valeur du consentement.

Grâce à tout le travail mené par les féministes et aux différentes affaires de l’actualité, on commence à bien comprendre que le consentement est central à la question des relations sexuelles, et qu’il est hautement éphémère. Initier un baiser n’engage pas à baiser. Coucher un soir ne vaut pas consentement implicite inconditionnel ultérieur pour n’importe quel booty call. Coucher, même plusieurs fois de suite, avec quelqu’un ne confère à ce quelqu’un aucun droit de propriété sur vous.

Et on a bien compris aussi que la valeur du « oui » est directement liée à la liberté inconditionnelle du « non ». Sans la possibilité d’un refus libre (libéré de l’attente culturelle, de la pression psychologique, de la contrainte physique), le consentement perd sa valeur.

La rigidité de l’engagement nie le consentement

Étrangement, le couple s’appuie sur l’idée (inverse, archaïque) d’un engagement solennel unique qui vaut consentement irrévocable et permanent. Le couple se construit dans les faits comme un enfermement dans une norme culturelle qui charrie tout son bagage d’attentes archaïques et d’interdits implicites. Rien que le mot « couple » exclut qu’on y soit plus que deux.

Et donc, plutôt que d’être le lieu où l’on renouvelle en permanence un consentement libre et enthousiaste sur une ribambelle de choix de vie, le couple se construit autour du devoir quotidien de non-violation résignée d’un engagement originel définitif.

Heureusement, l’engagement n’englobe plus le devoir conjugal. Mais il couvre encore les devoirs d’exclusivité affective et sexuelle et celui de cohabitation, lesquels dans bien des consciences reviennent à consentir à l’autre une forme de droit de propriété sur soi et son corps.

Dès lors qu’elle a trait au sexe ou aux sentiments, toute déviation ou suggestion de modification est a priori considérée comme une entorse grave au contrat primordial indissoluble (certes, il est dissoluble, mais le plus souvent uniquement dans les pleurs, les grincements de dents et la vaisselle cassée).

Sachant que l’organisation sociale du couple crée de considérables dépendances (dépendance matérielle et financière, dépendance affective, souci des enfants, peur du regard social), la pression est énorme pour éviter de risquer la rupture. Dès lors, la liberté de manœuvre est quasi-nulle et le consentement n’a plus sa place.

Tout ça pour répondre à ceux qui ont tendance à croire que le couple libre n’est pas un « vrai couple ». Je dirai au contraire : sans la liberté de remettre sur la table l’engagement d’exclusivité sans risquer de se faire :

  • traiter de salaud(ope) par la personne qu’on aime,
  • mettre à la rue,
  • couper de ses enfants,
  • juger par sa famille, ses ami(e)s ;

il n’est pas de fidélité vraie. « 

Chacun est libre de dire non même au sein d’un couple, comme de donner sa propre définition de la fidélité. 

xoxo

La Puce

Previous post
Next post
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *